Anvers, le 12 mars 2026 – Près de la moitié de toutes les cigarettes électroniques vendues en Europe provient aujourd'hui de circuits illégaux ou non réglementés. C’est ce que révèle une nouvelle étude du Fraunhofer Institute for Integrated Circuits IIS. Pour la première fois, cette recherche analyse de manière systématique l’ampleur, les origines et la distribution du marché illicite européen des vapes, mettant en lumière un phénomène en forte croissance et largement sous-estimé.
Les conclusions sont frappantes :
• Près de 48 % de toutes les e‑cigarettes dans l’UE proviendraient de circuits irréguliers
• 90 % de ces produits seraient originaires de Chine
• La valeur du marché illicite est estimée à 6,6 milliards d’euros, avec une croissance potentielle pouvant atteindre 10,8 milliards d’euros d’ici 2030
• La Belgique est explicitement citée comme un hub de distribution majeur en Europe
• Le rapport constitue la première analyse systématique de la chaîne d’approvisionnement illicite des e‑cigarettes en Europe, fondée sur des données douanières, des analyses logistiques et une segmentation du marché.
La Belgique, hub de distribution pour les vapes illégales
Aux côtés de l’Allemagne et des Pays‑Bas, l’étude identifie également clairement la Belgique comme plateforme logistique pour la redistribution de vapes illégales au sein du marché intérieur européen. À partir de centres de distribution situés dans notre pays, les marchandises sont souvent transportées par camion vers d’autres États membres, où les contrôles aux frontières intérieures sont limités, permettant ainsi d’éviter les taxes.
L’étude montre également que le volume quotidien de marchandises en provenance de Chine pose un problème majeur. Selon la Commission européenne, environ douze millions de colis entraient chaque jour dans l’UE l’an dernier — nettement plus que les deux années précédentes. Les consommateurs commandent par ailleurs de plus en plus directement en Asie, tandis que les plateformes en ligne exploitent l’augmentation du nombre d’interdictions et les lacunes persistantes dans la réglementation. Cela rend le travail des services douaniers particulièrement difficile.
« Les chiffres de cette étude sont dramatiques, mais malheureusement pas surprenants », confirme Ellen Thewissen, Head Illicit Trade Prevention Western Europe chez Philip Morris International. « L’étude du Fraunhofer Institute illustre une fois encore la capacité des réseaux criminels à s’adapter rapidement à l’évolution de la réglementation. Chaque nouvelle restriction, chaque interdiction, devient pour eux une opportunité commerciale. Ce que nous avons observé pendant des années avec les cigarettes se reproduit désormais avec les vapes. Les interdictions ne fonctionnent pas. Au contraire, elles renforcent précisément le marché illégal que nous cherchons à combattre. »
Une conclusion particulièrement pertinente pour la politique belge
Les résultats de l’étude sont également essentiels pour éclairer le débat actuellement en cours en Belgique sur les vapes et les éventuelles restrictions de saveurs. Une proposition visant à interdire tous les gouts de vape, à l’exception de l’arôme tabac, est actuellement sur la table — commne moyen de mieux protéger les jeunes.
Selon Miguel Matos, Managing Director Philip Morris Benelux, l’étude Fraunhofer démontre clairement que ce raisonnement ne tient pas :
« L’étude Fraunhofer met en lumière une vérité douloureuse : persister dans les restrictions et les interdictions, dictées par une logique idéologique, sans analyse d’impact et sans stratégie visant réellement à modifier le comportement des consommateurs, ne résout rien dans les faits.
On ne protège pas la santé publique en poussant les consommateurs toujours davantage vers l’illégalité. Cela ne fait qu’aggraver le problème : les jeunes ne sont pas mieux protégés, et les fumeurs adultes qui auraient pu choisir un produit nicotinique moins nocif se retrouvent contraints de basculer vers le marché illicite, ou de revenir à la cigarette traditionnelle.
Quoi qu’on en dise, les interdictions offrent un terrain libre au marché noir. Et lorsque le marché noir prospère, tout le monde perd. C’est un fait qu’on ne peut plus ignorer. Le marché illégal n’est plus un phénomène marginal : il représente aujourd’hui près de la moitié de tous les vapes en Europe — ce que cette étude Fraunhofer démontre une fois de plus avec une clarté absolue.»
Ce n’est plus seulement un dossier de santé publique — tout le monde doit être à la table
En plus de la cartographie du commerce illicite croissant, l’étude Fraunhofer souligne que les interdictions générales ou de facto ne constituent pas une solution. Les chercheurs recommandent plutôt une approche plus coordonnée, davantage de transparence dans les chaînes logistiques et une meilleure coopération avec les pays où débute la production illégale.
Selon Philip Morris, ces conclusions correspondent précisément à ce qui manque aujourd’hui dans le débat belge. Miguel Matos résume :
« Cette étude démontre à nouveau que des interdictions simplistes — qui pénalisent avant tout le marché légal — ne peuvent pas constituer une réponse durable. Les progrès passent par la collaboration : non seulement avec les autorités sanitaires, mais avec l’ensemble du gouvernement. C’est essentiel, car cette problématique dépasse désormais largement la seule question de santé publique. Le secteur privé, qui dispose d’une grande partie de l’expertise, des données et des réseaux, doit également être pleinement impliqué. Ce n’est qu’en travaillant ensemble sur des solutions réalistes et tournées vers l’avenir que nous pourrons réellement protéger les jeunes, continuer à offrir aux adultes des alternatives légales et réduire efficacement le marché illégal. »